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Le Flambeau
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Flaherty annoncerait l'abolition de la subvention de 1,95 $ par an par électeur

Presse Canadienne Article mis en ligne le 26 novembre 2008 à 1:00
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OTTAWA - Les conservateurs s'apprêtent à couper radicalement l'herbe sous le pied des autres partis fédéraux en les privant des millions de dollars qu'ils devaient obtenir pour les votes récoltés lors des dernières élections générales.
Des sources ont confirmé à la Presse Canadienne que le ministre des Finances Jim Flaherty créera la surprise jeudi en annonçant l'abolition du montant de 1,95 $ par an par électeur, une subvention qui permet aux partis de financer leurs activités.
Cette décision, dont on s'imagine que les conservateurs diront motivée par des considérations économiques, devrait soulever un tollé parce qu'elle fera extrêmement mal aux partis.
Les libéraux devraient être particulièrement affectés. Cette mesure devrait les priver de 7,7 millions $ en subventions, ce qui représente pas moins de 63 pour cent des sommes qu'ils ont amassées pendant toute l'année dernière.
Les bloquistes devraient pour leur part perdre environ 2,6 millions $, soit 86 pour cent de leur budget; les néo-démocrates, 4,9 millions $; et les verts, 1,8 million $.
Le Parti conservateur devrait lui aussi renoncer à ces sommes liées aux votes, qui s'élèvent à près de 10 millions $ dans son cas, mais il s'en tirera sans peine puisque sa situation financière se porte à merveille.
Depuis le début de 2008, les conservateurs sont parvenus à accumuler plus de 15 millions $ en dons, comparativement à seulement 3,6 millions $ pour les libéraux.
La décision en 2004 d'accorder 1,75 $ (indexé) aux partis politiques par électeur, par an, a été prise à l'époque où Jean Chrétien était premier ministre. Abaissant du même coup la limite des dons aux candidats et aux associations de comtés, il avait soutenu que cette mesure faisait en sorte de donner la même chance à tous les partis.
Le ministre Flaherty, qui présente sa mise à jour économique jeudi, devrait vraisemblablement prétendre que cette proposition permettra à l'Etat d'économiser des millions de dollars, alors qu'une récession s'annonce. Il est possible de penser que les adversaires des conservateurs l'accuseront cependant d'avancer cette mesure pour des raisons partisanes.
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) n'a pas tardé à faire savoir qu'il s'opposait à l'idée d'amputer les budgets des partis d'une telle façon.
"Le financement public a assaini la politique. C'est un système transparent qui reflète la volonté populaire. Nous nous opposerons à un retour en arrière et aux enveloppes brunes", a indiqué Karl Bélanger, attaché de presse du chef néo-démocrate Jack Layton.
En début de soirée, les autres partis d'opposition n'avaient pas encore annoncé leurs couleurs.
Budget discrétionnaire
Plus tôt dans la journée de mercredi, un proche du premier ministre Stephen Harper a mis la puce à l'oreille aux journalistes en prétendant que des "dizaines de millions de dollars" pouvaient être sauvés.
Il semblait néanmoins faire référence à des mesures pour restreindre les budgets discrétionnaires des ministres, députés et hauts fonctionnaires.
"Chaque dollar issu d'un budget discrétionnaire et qui pourra être réalloué dans un secteur pouvant aider l'économie" sera évalué, avait confié cette source.
En fin d'après-midi, les conservateurs ont été convoqués à un caucus extraordinaire. Ils auraient vraisemblablement été mis au parfum du contenu de la mise à jour à venir du ministre Flaherty, selon une autre source gouvernementale.
Un porte-parole du premier ministre, Dimitri Soudas, a indiqué qu'en ces temps de ralentissement économique, il était nécessaire de prendre le taureau par les cornes.
"Il faut prendre des décisions qui sont difficiles parfois, qui vont sans doute vouloir dire moins de ressources, mais c'est quand même l'argent des contribuables. Et en ces temps économiques difficiles, il faut avant tout respecter l'argent des contribuables", a-t-il insisté.
Si les députés libéraux ont convenu qu'il y avait sans doute du gras à couper, ils ont fait valoir que tout cela ressemble fort à une façon de détourner l'attention des contribuables. Selon eux, les conservateurs souhaiteraient faire oublier aux gens le fait que le gouvernement de M. Harper ne proposera pas de mesures concrètes pour stimuler l'économie dans sa mise à jour économique, jeudi.
Le porte-parole libéral en matière de Finances, John McCallum, a soutenu qu'en mettant l'accent "sur ces petites questions", les conservateurs cherchaient à cacher qu'ils n'avaient "pas grand-chose" à proposer aux Canadiens pour relancer l'économie.
Tous les partis d'opposition jugent beaucoup trop long d'attendre jusqu'au budget pour que des mesures globales soient établies pour relancer l'économie, alors qu'à l'étranger, les gouvernements multiplient déjà les actions pour éviter le pire.
Au bureau du premier ministre Harper, cependant, on prétend que le plan canadien de relance de l'économie sera sans doute prêt avant celui des Américains, puisque le président désigné, Barack Obama, n'emménage pas à la Maison-Blanche avant la mi-janvier.
"Notre administration est déjà en place, notre premier ministre est premier ministre aujourd'hui et notre processus législatif est généralement plus rapide", a fait valoir un proche de M. Harper.
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