Diane de Courcy, présidente de la CSDM et de la campagne Nourrir un enfant, en compagnie de Gilles A. Cérat, directeur des Œuvres du Cardinal Léger et des enfants de l'organisme Les Fourchettes de l'espoir.
(Photos: gracieuseté)
Ventre affamé n'a pas d'oreille
Près de 75 000 jeunes viennent de reprendre le chemin des quelque 200 établissements de la Commission scolaire de Montréal. Or, durant l'année, plus d'un élève sur trois ira à l'école le ventre vide. Des chiffres qui préoccupent Diane de Courcy, présidente de la CSDM et de la huitième édition de la campagne Nourrir un enfant, qui appuie trois organismes de l'arrondissement, soit le Carrefour familial Hochelaga, le Répit-Providence et le regroupement Entre-Mamans.
L'insécurité alimentaire est une réalité bien présente dans de nombreuses écoles de Montréal. Côté chiffres: plus de 237 000 enfants québécois, soit un enfant sur six, est victime de la pauvreté, une proportion qui grimpe à près de un sur trois à Montréal. La CSDM estime quant à elle à 28 000 (36 %) le nombre d'enfants n'ayant pas le strict minimum.
« Dans certains quartiers, la situation reste stable. Dans d'autres, elle se détériore », résume Mme De Courcy. Constat inquiétant: l'insécurité alimentaire étend ses tentacules à de nouvelles couches de la population. « Cela ne concerne plus uniquement les familles sur l'aide sociale. On voit de plus de travailleurs à petit salaire touchés. Tout devient plus cher. Les fins de mois sont de plus en plus difficiles. On rogne sur l'alimentation. Souvent, pour arriver, on saute le repas du soir. »
Le problème, en général associé aux jeunes enfants du primaire, frappe aussi de plein fouet les ados, les grands oubliés. « Ce sont souvent les mal-aimés, on s'en occupe moins. Au primaire, il existe des ressources, mais au secondaire, on a plus de difficultés à les aider », reconnaît la présidente de la CSDM.
Décrochage scolaire
Les jeunes qui arrivent à l'école le ventre vide, ou encore avec une boîte à lunch minimaliste, ont de la difficulté à se concentrer sur le programme scolaire, d'où des difficultés d'apprentissage, des échecs et un risque élevé de décrochage scolaire. Ils se sentent également à l'écart du groupe et ont tendance à s'exclure de toute vie sociale.
Les études démontrent clairement qu'ils accusent un retard sur les plans physique et psychologique. Le niveau de stress plus élevé qui les caractérise affecte leur système immunitaire, leur cerveau et leurs capacités de développement en général.
Prévention et éducation
La campagne Nourrir un enfant, instaurée par les Œuvres du Cardinal Léger, vise à recueillir 300 000 $ pour sa huitième édition, un montant qui sera redistribué en totalité à des organismes dans toute la province. Objectif: aller plus loin que le dépannage alimentaire en développant la prévention et l'éducation, par exemple, en montrant comment préparer des collations à partir de recettes simples, ou en apprenant aux jeunes et à leur famille à cuisiner.
Jusqu'au 29 septembre, on peut effectuer des dons dans les épiceries Metro et Super C. On peut également s'adresser à Nourrir un enfant, au 130, avenue de l'Épée, Outremont (Québec) H2V 3T2. Téléphone: 1 87 PAUVRETÉ (1 877 288-7383). Dons en ligne au
www.leger.org.