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Ambitieux projet de relance du Château Dufresne

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 18 octobre 2007 à 11:00
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Ambitieux projet de relance du Château Dufresne
Le Château Dufresne pourrait jouer dans l'Est un rôle équivalent à celui du Musée McCord dans l’Ouest de la ville. (Photo:Régent Gosselin)
Ambitieux projet de relance du Château Dufresne
Après avoir dû fermer ses portes cet été faute de liquidités pour payer le personnel, le Musée du Château Dufresne s'attaque à un plan de relance de 4 M$, qui comprend l'acquisition de l'ancien atelier de l'artiste Guido Nincheri, la construction d'une aile souterraine pour agrandir les espaces d'exposition et l'obtention d'un financement public à la hauteur de ses ambitions.
Seul monument classé historique à l'est du boulevard Saint-Laurent, l'imposante demeure construite par les frères Dufresne aspire à devenir une des attractions phares du Pôle Maisonneuve. En 2006, la Société du Château Dufresne et l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve avaient obtenu un financement gouvernemental pour réaliser une étude de potentiel du patrimoine Dufresne-Nincheri.

Le concept issu de cette réflexion veut que le Château Dufresne, situé à l'intersection de la rue Sherbrooke et du boulevard Pie-IX, devienne la porte d’entrée de l’Est de Montréal. On créerait un nouveau complexe muséal, composé de la maison bourgeoise et du Studio Nincheri, qui deviendrait le navire amiral du patrimoine dans le secteur.
Sauver le Studio Nincheri
Une des pièces maîtresses de ce projet : l'achat et la rénovation de l'atelier du maître du vitrail Guido Nincheri, qui, mis en lien avec le Château Dufresne, permettrait de créer une attraction de grande valeur. Un lien naturel existe déjà, puisque de nombreuses œuvres de l'artiste décorent le «château». Fermé en 1996, l'atelier situé au 1832, boulevard Pie-IX abrite encore beaucoup de maquettes et d'esquisses.
Le deuxième volet consiste à mettre aux normes le Château Dufresne. L'édifice construit au début du siècle dernier n'offre pas les conditions acceptables pour accueillir toutes les expositions. «Il s'avère impossible d'assurer la climatisation et le maintien d'un taux d'humidité acceptable aux étages, sous peine d'endommager gravement la structure du bâtiment. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas garantir le bon état de conservation des documents», indique la présidente du musée, Thérèse Sainte-Marie.

La solution consisterait à agrandir les espaces d'exposition au rez-de-chaussée en aménageant une salle supplémentaire sous l'esplanade située derrière le musée, à l'emplacement du stationnement souterrain construit jadis par les Dufresne, et qui sert d'espace d'entreposage aujourd'hui. Du même coup, une nouvelle entrée serait ouverte sur le boulevard Pie-IX.
Problèmes de financement
L'ensemble du projet nécessitera des investissements de 4 M$. La Ville de Montréal, propriétaire du Château Dufresne, a été approchée pour procéder à l'acquisition et à la rénovation du studio Nincheri. Le dossier était jusqu'à récemment entre les mains du conseiller Benoît Labonté, qui a entre-temps démissionné. Les démarches menées auprès des gouvernements fédéral et provincial ont également eu à souffrir des récents remaniements ministériels, déplore Mme Ste-marie.
Le musée public fait face à des problèmes de financement récurrents. Il fonctionne avec une subvention annuelle de 65 000$ du ministère de la Culture et doit aller chercher quelque 215 000 $ en revenus de billetterie et de location pour faire ses frais. Fermé durant l'été, faute de moyens, il a rouvert ses portes le 26 septembre dernier, avec le lancement de l'exposition consacrée à Jean Grimaldi.
Urgence d'agir
La présidente tire la sonnette d'alarme. «Il y a urgence d'agir. La succession de Guido Nincheri souhaite mettre l'édifice en vente. Il ne faudrait pas qu'il tombe entre les mains d'un promoteur privé», prévient-elle. L'arrondissement a sauvé la situation provisoirement en fournissant les fonds pour assurer l'entretien du bâtiment pendant un an.
«Le musée se trouve à un emplacement stratégique, près du Jardin botanique et du Stade olympique. Il se doit d'offrir un calibre d'activités qui ne fasse pas parent pauvre par rapport aux muséums nature», indique Thérèse Sainte-Marie. Une démarche qui passe selon elle par des investissements dans les installations, mais aussi par un financement public stable.

(Photo:Régent Gosselin)

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