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Souvenirs d’enfance

Mathieu Boulay par Mathieu Boulay
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Article mis en ligne le 9 novembre 2007 à 15:20
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Souvenirs d’enfance
Cette semaine, j’ai décidé de me faire plaisir pour cette chronique et de vous parler d’un de mes souvenirs d’enfance. Le hockey est un élément rassembleur pour ma famille, mais qui ne l'est plus en 2007.
Quand j’étais petit, mon frangin était mon idole. Avec sa fougue et son caractère, il était un bon marqueur. Pendant qu’il était sur la patinoire, je courais partout dans l’aréna à la recherche d’un match pour la coupe Stanley de hockey-bottine.

Pour être sûr de ne pas porter malchance à mon frère, j’allais toujours lui taper sur un gant au début et à la fin du match. Les autres joueurs me regardaient d’un air amusé et ils m’en reparlent encore aujourd’hui.

Mon père et ma mère étaient dans les gradins afin d’assister aux exploits de mon frère. Mon père, un homme de peu de mots, était toujours en retrait des autres parents afin de ne pas se faire crier dans les oreilles par les mères hystériques qui voyaient leur fils dans la Ligue nationale de hockey.

Il préférait siroter un café, deux laits et un sucre, et de lire son journal en regardant la partie. Ma mère, lorsqu’elle assistait aux matchs, accompagnait les autres mères qui s’époumonaient pour faire rentrer la rondelle dans le but.

Dans la famille Boulay, le hockey n’était pas une question de vie ou de mort. Après le match, mes parents ne faisaient pas de reproches à mon frère ou moi quand nous n’étions pas à la hauteur. Par contre, ils étaient présents pour nous écouter si nous avions le cafard.

Aujourd’hui, je constate que les parents d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux que j’ai. Le plaisir du jeu a pris le bord de la poubelle, particulièrement dans les catégories élite. Plusieurs croient fermement que leur enfant se dirige tout droit vers la Ligue nationale de hockey. Est-ce qu’il y a des parents qui ont déjà pensé à la pression qu’ils appliquent sur leur enfant ? Cela peut les marquer à vie.

J’ai vu plusieurs joueurs, arrivés à la période de l’adolescence, arrêter de jouer au hockey, car ils en avaient «ras le pompon» de la pression de leurs parents. Souvent, ils jouaient au hockey pour faire plaisir à leurs parents. Erreur !

De plus, plusieurs d’entre eux prennent l’équipe de hockey pour une garderie. Ils déposent leurs enfants à l’aréna avec leur sac d’équipement et puis après, salut la visite ! Ce n’est pas tout d’inscrire son enfant au hockey, il faut aussi être présent afin de le supporter et de comprendre ses états d’âme. Je pourrais continuer en décrivant des histoires d’horreur que j’ai vues depuis le début de ma carrière, mais je n’ai pas assez de pages pour toutes les énumérer.

En terminant, peu importe la discipline sportive que vos enfants pratiquent, il vous faut être présent afin qu’ils se sentent supportés comme moi et mon frère l’avons été au cours de notre enfance.
Vous pouvez réagir à cette chronique en visitant notre site internet www.flambeaudelest.com ou en m’écrivant par courriel : mathieu.boulay@transcontinental.ca.

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