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Après Bouchard-Taylor, on aura toujours le gros bon sens!

Article mis en ligne le 30 novembre 2007 à 19:06
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Après Bouchard-Taylor, on aura toujours le gros bon sens!
« Quand j’étais petit, je n’étais pas grand. Je ne doutais pas de tous les enfants. Et je souriais à tous les passants. » (variation d’un refrain populaire)
C’est fou tout ce qu’on apprend ces jours-ci avec le cirque médiatique de la commission sur les accommodements raisonnables, Et surtout, ce qu’on voit de ceux qui n’y sont pas.

Par exemple, j’ai appris que Mario Dumont aime les problèmes, même quand il n’y en a pas ou quand lui non plus n’a pas de solution. Alors, il nous fait dépenser des millions pour qu’on « picosse » nous autres aussi.

J’ai appris que même si le Parti québécois change son approche avec son nouveau chef, plus ça change, plus c’est pareil.

J’ai appris que Jean Charest non plus ne sait pas trop quoi faire avec ces problèmes qui n’en sont pas, mais que voulez-vous, il faut bien qu’il danse sur la « toune à la mode », ou alors, un gars comme lui devient vite démodé.

Mais je leur pardonne. Dans les faits, ils sont les miroirs de nos choix, de nos peurs, de nos envies, de nos priorités, de nos insécurités.

Nous aussi avons du talent pour les choses insignifiantes. Dans ce pays où la qualité de vie fait l’envie du monde, il faut bien trouver des trucs pour s’amuser, sinon on va s’ennuyer. C’est dur de vivre avec du ketchup casher, surtout qu’on nous l’a caché si longtemps. C’est dur à endurer que parfois, la piscine du quartier est réservée à des groupes qu’on ne connaît pas complètement, même si on y va presque jamais. Il faut qu’on entérine, si ma tante Aline est en câline. À force de bien vivre, faut bien se donner des moyens de « crever notre balloune ». Alors, sans trop comprendre pourquoi, on peut commencer à mieux mourir.

Quelques fois, on meurt d’impatience. On meurt pour une deuxième chance, on meurt par ambivalence.

Quelques fois, on meurt sans savoir, on meurt d’espoir, on meurt en plein jour, plongé dans le noir,

Quelques fois, on meurt attaché. Même quand on est libre et vacciné, des fois, on choisit des drôles de destinées.

Quelques fois, on meurt à moitié, comme si dans le passé un peu, on meurt à petit feu.

À chaque fois, on meurt avec chaque fleur qui s’en va prématurément. À chaque fois, on meurt en avance sans raison apparente, trop souvent en silence. On meurt dans l’oubli, on meurt d’ennui, à chaque fois qu’on oublie de vivre.

Avec un peu de chance, après avoir tourné et retourné les anxiétés provoquées chez plus d’une personne par la commission sur les accommodements raisonnables, il nous restera encore le gros bon sens.
Jean Mercier,

poète et cinéaste, rue Drummond

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