Jean-Claude Fournier et sa fille Carole-Anne entrevoient l'avenir avec beaucoup d'espoir.
(Photo:Régent Gosselin)
La Maison Oxygène: une bouée de sauvetage pour les pères
Jean-Claude Fournier et sa fille, Carole-Anne, tournent un regard plein d'espoir vers 2008. Leur vie a complètement changé depuis leur passage à la Maison Oxygène, ressource de Hochelaga-Maisonneuve qui offre un gîte temporaire aux pères et aux enfants en difficulté. « Si je n'avais pas eu ma place ici, je n'aurais jamais pu me rétablir. J'aurais perdu ma fille », raconte l'homme avec émotion.
Lorsqu'ils ont débarqué à la Maison Oxygène, il y a un peu plus de deux ans, la vie était loin d'être rose pour Jean-Claude et sa fille, alors âgée de 12 ans. Les problèmes d'alcool et de drogue étaient alors le lot quotidien du papa. « Mon père avait fait une rechute et avait touché le fond du baril », se rappelle Carole-Anne, aujourd'hui âgée de 15 ans.
« J'avais perdu mon logement et nous vivions depuis deux semaines dans un chalet sur une île sur le fleuve Saint-Laurent, sans eau courante », ajoute son père. À la recherche d'un appartement subventionné, on l'a référé à la Maison Oxygène, la seule ressource au Québec qui offre de l'hébergement aux papas dans le besoin et à leurs enfants.
Ce séjour aura permis à Jean-Claude Fournier de prendre tout un virage : dès qu'il a franchi le pas de la Maison Oxygène, il n'a plus touché ni à l'alcool, ni à la drogue. Il a pu se reprendre en main et conserver la garde de sa fille. Pour Carole-Anne, les trois mois passés au sein de l'organisme lui auront permis de se rapprocher de son père. « J'étais avec lui presque tout le temps ! »
« Pour moi, c'est vraiment une chance qu'on a eue d'être ici. On se trouve tellement chanceux, même si on l'a fait, notre chance », indique Jean-Claude. En effet, réussir à obtenir un toit dans cette ressource qui peut accueillir seulement cinq familles est presque un coup de dés. Les papas qui en ont besoin peuvent ensuite séjourner à la maison Claude-Hardy qui compte deux places etoù l'encadrement est moins serré,.
Chaque papa a son histoire
Il y a presque autant d'histoires qu'il y a d'hommes, explique Yvon Lemay, responsable de l'hébergement au sein de l'organisme. Difficile de dresser le portrait des pères qui transigent à l'organisme. « Certains sont passés ici et cela n'a pas fait autant d'effet. » Mais, chacun d'entre eux mérite sa chance, estime celui qui se bat pour la reconnaissance et le financement de cette ressource depuis de nombreuses années.
« Est-ce normal qu'au Québec, alors que nous avons un population de sept millions, il n'y ait que sept places pour aider les pères en difficulté et leurs enfants ? », plaide Yvon Lemay. Créée il y a 18 ans, la Maison Oxygène reçoit un appui financier du gouvernement depuis trois ans seulement. Pourtant, les besoins sont criants. En moyenne, l'organisme doit refuser deux demandes par semaine, faute de places en quantité suffisante.
Des souhaits pour 2008
Yvon Lemay aimerait bien que l'expérience fasse boule de neige à travers le Québec. Comme la Maison Oxygène est un service développé et offert par le Carrefour familial Hochelaga, le directeur voudrait contacter des organismes familiaux aux quatre coins du Québec pour les inciter à faire de même. « Qui, ailleurs, pourrait ouvrir ses portes aux pères ? Avec notre expertise, nous pourrions les aider à développer de nouvelles ressources. » Au cours des prochaines années, le directeur souhaite voir apparaître une dizaine de nouvelles ressources, disséminées à travers le Québec.
(Photo:Régent Gosselin)