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Les environnementalistes exhortent Québec d'être patient

Prolongement de l'autoroute 25

Steve Caron par Steve Caron
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Article mis en ligne le 1 février 2008 à 15:33
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Les environnementalistes exhortent Québec d'être patient
Les porte-parole de la Coalition contre le prolongement de l'autoroute 25, Steven Guilbeault, Arthur Sandborn et André Porlier, en appellent à la responsabilité morale du gouvernement du Québec pour que celui-ci fasse preuve de patience dans ce dossier. (Photo : Martin Alarie)
Les environnementalistes exhortent Québec d'être patient
Prolongement de l'autoroute 25
Le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal, Greenpeace et Équiterre demandent au gouvernement du Québec de patienter avant d'accorder les permis nécessaires au début des travaux de construction du pont de l'autoroute 25, le temps que les tribunaux se prononcent sur le dossier.
Les opposants au prolongement de l'autoroute 25 ont déposé en Cour supérieure, en mars 2006, une requête pour faire invalider les décrets gouvernementaux adoptés par Québec autorisant la construction d'un nouveau pont entre Montréal et Laval.

La cause sera entendue cette semaine. Le procès pourrait durer des semaines et une décision devrait être rendue dans quelques mois. La Coalition contre le prolongement de l'autoroute 25 en appelle donc à la responsabilité morale du gouvernement.

« La ministre Monique Jérôme-Forget a souvent dénoncé le syndrome de la "pépine". Aujourd'hui, c'est à elle de prêcher par l'exemple. On parle du pont de l'autoroute 25 depuis plus de 35 ans. Ce n'est pas en retardant le début des travaux de quelques semaines ou mois, le temps que le tribunal statue sur notre requête, que les conséquences seront irréparables », de souligner les porte-parole de la Coalition.

Dernièrement, les certificats d'autorisation du promoteur, Concession A25, ont été déposés au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. Ils sont actuellement à l'étude et le processus suit son cours, ce qui fait craindre le pire à la Coalition.

Il serait téméraire et irresponsable pour le gouvernement du Québec d'autoriser des travaux qui sont contestés devant les tribunaux, de répéter Steven Guilbeault, d'Équiterre. Si la Coalition remportait une victoire, le gouvernement devrait tout recommencer depuis le début, avec tout ce que cela comporte en frais. Ce n'est pas une façon adéquate de gérer les deniers publics.

Lors des études d'impact, ce qui a été présenté aux gens était un concept. Plusieurs éléments du dossier étaient manquants. On ne connaissait pas le promoteur, les impacts environnementaux, les mesures d'atténuation, comment le tout s'orchestrerait et plus encore. Ce n'est qu'au mois de décembre 2007, que le promoteur aurait complété tous les plans et devis.

« Il est inacceptable qu'en 2008, les citoyens se voient refuser le droit de questionner devant le Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE) le promoteur d'un projet et d'exprimer leur opinion sur les impacts qu'entraînera la construction du pont de l'autoroute 25. En imposant ce projet, le gouvernement Charest va non seulement faire reculer le Québec en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais il fera reculer le droit de l'environnement en contournant le processus d'évaluation environnementale dans ce dossier », dénonce la Coalition.

La décision que rendra la Cour pourrait être cruciale pour tous les futurs projets environnementaux réalisés sous la formule du partenariat public-privé (PPP). Elle pourrait dicter les nouvelles façons de faire en ce domaine.

Si les environnementalistes sont déboutés par les tribunaux, il n'est pas impossible que d'autres moyens soient utilisés pour tenter de raisonner le gouvernement.

Le prolongement de l'autoroute 25 prévoit la construction d'un nouveau pont à péage, d'une longueur d'un kilomètre, sur la rivière des Prairies et d'un nouveau tronçon routier de sept kilomètres, entre le boulevard Henri-Bourassa et l'autoroute 440, pour un coût total de plus de 400 M$.

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