Le projet ne passe pas auprès des citoyens
Modernisation de la rue Notre-Dame
Les citoyens n'en démordent pas et sont toujours aussi opposés au projet de modernisation de la rue Notre-Dame dans sa version actuelle.
Les mémoires déposés par de nombreux résidents de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve aux commissaires de l'entreprise Convercité ne sont pas tendres envers le projet.
« Qui croit encore naïvement qu'élargir des voies réduit la congestion ? Que le passage des camions n'en sera que facilité ? », de se questionner Antonin Labossière, un citoyen de l'arrondissement de Ville-Marie.
Alors que plusieurs grandes villes du monde cherchent plutôt à réduire leur flot de circulation en favorisant le transport en commun ou en créant des projets innovateurs - Portland et son transport en commun gratuit au centre-ville, Boston et ses 11 milliards de dollars pour enterrer l'autoroute qui défigurait son centre, Montpellier et ses tramways et l'Allemagne et ses villes vertes -, Montréal veut construire une nouvelle « autoroute », qu'elle appelle boulevard urbain.
« Il ne faut plus que l'automobile soit attrayante pour les conducteurs qui veulent se rendre au centre-ville. Cela exige de penser autrement et ce n'est pas avec un projet digne du siècle dernier que l'on atteindra cet objectif », de déplorer Jean-Félix Chénier, un résident de la rue Morgan.
D'autres, et c'est le cas de Gaétan Legault, ne comprennent pas comment la Ville de Montréal a pu donner son accord au projet et en venir à une entente avec le ministère des Transports du Qébec, alors que celle-ci s'était opposée à un projet similaire en 2002. Le citoyen reproche à la Ville d'être incohérente.
« Que s'est-il passé entre 2002 et 2008 pour que la Ville soutienne maintenant le projet ? Le maire Gérald Tremblay s'était farouchement opposé à l'époque et aujourd'hui, il vante le projet. C'est à n'y rien comprendre », explique-t-il.
M. Labossière croit que l'on veut construire une autoroute pour soulager l'irritation des Québécois habitant hors de l'île et qui y travaillent. Une irritation qui augmente proportionnellement avec le nombre de véhicules qui s'ajoutent sur les routes. Tout cela, au détriment des Montréalais des quartiers centraux.
« Cette autoroute nuira à la qualité de vie des Montréalais en amenant plus d'automobiles au centre-ville, plus de pollution, plus d'accidents, plus de bruit, plus de congestion, plus d'irritation, plus de déménagements vers la banlieue à la recherche de sécurité et de tranquillité, plus de fermetures d'écoles et bien davantage. Ce projet est contre Montréal et pour sa couronne », estime-t-il.
Le mémoire de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal dénonce également le projet actuel. L'organisme propose plutôt de conserver le nombre de voies pour l'automobile à quatre et de développer le transport en commun en site propre.