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Pour des pères qui s'assument

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 20 février 2008 à 12:30
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Pour des pères qui s'assument
Il faut mieux comprendre les pères pour mieux les aider, estime Raymond Villeneuve, coordonnateur du Regroupement pour la valorisation de la paternité. (Photo:Éric Carrière)
Pour des pères qui s'assument
La deuxième Su-père Conférence aura lieu le 26 février prochain dans Hochelaga-Maisonneuve, histoire de rappeler que, dans la famille, il y aussi les papas !
«Le père est un parent à part entière. Sa masculinité ne devrait pas être perçue comme un problème, mais comme un aspect positif. Il a quelque chose de différent à apporter», déclare Raymond Villeneuve, coordonnateur du Regroupement pour la valorisation de la paternité.

Le rôle du père dans la famille d'aujourd'hui aurait-il besoin d'être moussé ? « Oui ! » répond M. Villeneuve. « Trop souvent, il se sent mis à l'écart ou pire, mal considéré par la société, notamment les services sociaux. »

Un des exemples qui sera abordé lors de l'événement : Les pères et les cours prénataux. Nombreux sont les papas qui y participent, et beaucoup éprouvent des difficultés à s'y sentir à l'aise, quand ils n'ont pas tout bonnement l'impression de déranger. «Ces cours sont beaucoup centrés sur la mère. Il y aurait lieu d'accompagner davantage le cheminement du père. S'il ne porte pas physiquement le bébé, il le fabrique dans sa tête. »
Les pères face à la DPJ
La Su-per Conférence, qui avait réuni près de 120 intervenants autour de la paternité en 2007 dans le quartier, ne manquera pas de pain sur la planche. Parmi les nombreux thèmes au programme de cet événement qui se déroulera sur deux jours : les pères et la DPJ, sujet sensible s'il en est.
«La Direction de la protection de la jeunesse reconnaît qu'elle a une réflexion à mener à ce niveau. Trop souvent, on hésite encore à confier l'enfant au père. Cela crée des situations difficiles qui peuvent entre autres conduire au placement du jeune en famille d'accueil alors que le père pourrait très bien s'en occuper avec un coup de pouce», estime M. Villeneuve.

Champion montréalais de la monoparentalité avec 51 % de familles comptant un seul parent, Hochelaga-Maisonneuve concentre sur son territoire près de 450 pères qui élèvent seuls leur enfant. Au Québec, 22 % des familles monoparentales étaient dirigées par des pères en 2006, une augmentation de 10 % par rapport au recensement de 2001. Bien qu'encore aujourd'hui la mère obtienne la garde des enfants dans près de 60 % des divorces, de plus en plus de pères demandent la garde partagée. De 1995 à 2003, elle a augmenté de 11 % à 29 %, selon l'Institut de la statistique du Québec.
Surpris et décontenancés

Être un papa solo n'est toutefois pas une sinécure. « Il y a peu d'hommes dont le projet de vie est d'élever un enfant seul. Quand survient la séparation, ils sont souvent surpris et décontenancés. C'est une période délicate et fragile marquée par des changements économiques et des problèmes d'organisation du quotidien. Parfois, ils se retrouvent mal pris.» Faute de ressources d'hébergement temporaire, la situation peut conduire au placement de l'enfant.

L'événement sera aussi l'occasion de parler de plusieurs initiatives pour les pères monoparentaux qui ont vu le jour à Montréal, comme la Maison Oxygène, une ressource d'hébergement unique au Québec pour les pères en difficulté avec leurs enfants, le Groupe Orpères de la Maison de la famille St-Michel et l'organisme Coopère Rosemont.

On soulignera par ailleurs les 15 ans de PROSPÈRE, un des rares regroupements de chercheurs à se pencher sur l'engagement paternel et le soutien aux pères dans les quartiers défavorisés, et on présentera un projet de recherche-action sur les pères vulnérables face aux services sociaux.

(Photo:Éric Carrière)

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