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Mercier-Hochelaga-Maisonneuve lâche l'accélérateur

par Anne-Marie Tremblay
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Article mis en ligne le 12 avril 2008 à 9:17
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Mercier-Hochelaga-Maisonneuve lâche l'accélérateur
L'arrondissement appuie la revendication de la Ville de Montréal de réduire la vitesse maximale dans les rues locales de 50 à 40 km/h. Un premier pas dans la bonne direction, estiment les groupes de pression, puisque Mercier-Hochelaga-Maisonneuve figure parmi les secteurs les plus dangereux en matière de sécurité routière.
Les chiffres sont éloquents. « Les risques sont de 4 à 5 fois plus élevés pour les enfants de se faire hospitaliser après s'être fait heurter par un véhicule dans les quartiers pauvres que dans les quartiers plus aisés », analyse Patrick Morency, médecin spécialiste en prévention des blessures à la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal et auteur d'une recherche à ce sujet. Et la moitié (52 %) des piétons blessés se concentre dans cinq arrondissements: Ville-Marie, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Rosemont-La Petite-Patrie, Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Selon les données compilées par le chercheur, il y a eu 3283 blessés de la route entre 1999 et 2003 dans l'arrondissement. À l'échelle montréalaise, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve arrive donc au troisième rang, juste après Ville-Marie et Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension. Ces chiffres dénombrent les accidents où piétons, cyclistes, motocyclistes ou automobilistes ont été blessés et où Urgences-santé a dû intervenir.
Diminuer la vitesse pour diminuer les risques
« Nous sommes entièrement d'accord avec cette diminution de la vitesse, puisque les risques diminuent chaque fois que la vitesse baisse de 5 km/h », indique Marc-Antoine Pouliot, de la Coalition pour la réduction et l'apaisement de la circulation dont Solidarité Mercier-Est fait partie. « Mais il faut absolument que ce soit une étape accompagnée d'autres actions », prévient-il. Renforcement de la sécurité policière ou ajout de mesures d'apaisement de la circulation devraient être au menu de l'arrondissement pour assurer la sécurité des usagers de la route.
Daniel Bouchard, du Conseil régional en environnement de Montréal (CRE-Montréal), va plus loin. Selon lui, la modification de la vitesse à elle seule n'a aucun effet. Il cite une étude menée par la docteure Bellalite, de l'Université Sherbrooke, qui conclut que « la baisse indue de la limite de vitesse n’a pas d’effet probant sur le comportement des conducteurs. »

Patrick Morency estime quant à lui que la réduction de vitesse proposée par Montréal est carrément trop timide. Il estime qu'elle devrait être abaissée à 30 km/h. « La vitesse d'impact a une incidence majeure sur la proportion de collision et sur la sévérité des blessures. À partir de 30 km/h, les risques de décès et de blessures augmentent. »
Des mesures d'apaisement de la circulation à l'étude
Gaétan Primeau, conseiller municipal de Tétreaultville et responsable du comité de circulation, mentionne que l'arrondissement est conscient que certaines rues qui ne seront pas touchées par cette diminution de la vitesse s'avèrent dangereuses. Quartiers verts, interdiction de tourner à gauche sur Sherbrooke, élargissement de trottoirs, ajout de pistes cyclables, plantation d'arbres: voilà quelques mesures d'apaisement de la circulation étudiées par l'arrondissement. « Ce genre de mesures devient de plus en plus populaire. Mais il faut consulter les citoyens avant de faire cela et ça a des coûts », précise-t-il.

Même si l'arrondissement a adopté une résolution pour réduire la vitesse de la circulation locale lors du conseil d'arrondissement de mars, cette décision relève du ministère des Transports du Québec (MTQ). Actuellement, la Ville de Montréal négocie avec le MTQ à ce sujet et demande à ces arrondissements de l'appuyer dans sa démarche.

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