Réponse à la lettre « Les CPE: pour le pire »
J'ai décidé, malgré beaucoup d'hésitation, de partager ma réaction après la lecture de la lettre d'une résidente (« Les CPE: pour le pire »), parue dans le journal du 14 mai 2008, dans la section « La parole est à vous ».
Moi-même mère de trois jeunes enfants ayant demeuré deux ans à temps plein à la maison avec mes enfants et maintenant en arrêt de travail volontaire, afin de prendre soin de moi et de ma famille, cette lettre m'a beaucoup interpellée.
Ayant maintenant fait le choix d'aller porter mes enfants trois jours par semaine à la garderie, même si je suis en arrêt de travail, à la lecture de cette lettre, je me suis sentie dévalorisée, critiquée et même méprisée.
L'arrivée de mes enfants dans ma vie est une expérience extraordinaire et en même temps, bouleversante. Ces petits êtres humains me mettent en contact avec mon monde intérieur et me permettent d'avoir accès à ma propre enfance passée à la maison à temps plein avec ma mère jusqu'à l'entrée scolaire.
Sans vouloir blâmer mes parents, ce cadre « idéal » a pourtant laissé chez moi de grandes carences au niveau affectif. Ayant récemment découvert qu'avant d'être une mère, je suis un être humain ayant mes propres besoins, je me considère privilégiée de pouvoir utiliser les services d'un CPE. Je me permets de prendre soin de moi et je souhaite ainsi être en mesure de répondre plus adéquatement aux besoins de mes enfants.
Oui, je déplore que des enfants passent plus de temps à la garderie qu'avec leurs propres parents, oui, la famille québécoise n'est plus ce qu'elle était, mais j'ose espérer que la famille québécoise évolue vers un meilleur équilibre.
Un être humain et une maman en évolution.
- Annie Saucier