Lutter contre la contrebande, urgent, baisser les taxes, essentiel
Dans sa lettre d’opinion du 19 juin, Louis Gauvin s’en prend à tous les partis et toutes les raisons secondaires pour la crise actuelle de la contrebande de tabac au Québec et au Canada, sans jamais pointer le doigt vers les premiers coupables, lui et ses alliés. Avec leurs campagnes de lobby incessantes et irresponsables conçues pour forcer tous les gouvernements à hausser les taxes sur le tabac à des niveaux astronomiques, les groupes anti-tabac ont en fait largement créé les problèmes pour lesquels ils blâment aujourd’hui d’autres.
M. Gauvin tente de justifier le cri d’alarme qu’il sonne contre la solution de baisser les taxes en clamant que, lorsque le gouvernement l’a fait en 1994 pour lutter contre la contrebande, le taux de tabagisme juvénile a augmenté. Ce qu’il omet de mentionner, c’est que ce même taux augmentait déjà de manière significative avant la baisse des taxes – en raison des cigarettes illégales au prix dérisoire, facilement accessibles pour les jeunes sur le marché noir. La recrudescence du tabagisme a très clairement commencé en 1991, alors que les taxes étaient à leur plus haut niveau et que le marché de contrebande était en pleine effervescence. La sur-taxation a créé la crise de contrebande à cette époque et elle l’a fait à nouveau 10 ans plus tard.
La situation que nous vivons aujourd’hui diffère à certains égards, mais la solution première demeure la même pour regagner le contrôle du marché : le gouvernement se doit absolument de baisser les taxes à un niveau où le prix est moins encourageant pour la contrebande et la contrefaçon d’émerger et de prospérer; où les objectifs responsables de santé publique ne sont pas minés; et où les gouvernements peuvent commencer à rétablir la confiance et le respect avec le public.
- Rafael Jacob, Initiative pour la responsabilisation du contrôle du tabac