Le début des travaux de Canterm confirme la nécessité d'un cadre réglementaire, selon l'AGIIRR
L'Alliance pour une gestion des interfaces industrielles/résidentielles responsable (AGIIRR) déplore la construction de nouveaux réservoirs de produits pétroliers à Montréal-Est, à proximité d'un quartier résidentiel, sans qu'on ait prévu de zones de transition.
La compagnie Canterm a annoncé par voie de communiqué, la semaine dernière, le début de la construction de deux nouveaux réservoirs au terminal K-3, en plus du déplacement de deux réservoirs existants.
L'AGIIRR s'inquiète des impacts sur la sécurité des citoyens qui vivent à proximité de ces nouveaux réservoirs. Elle réclame plutôt l'aménagement de zones tampon entre les secteurs résidentiels et industriels avant de songer à augmenter l'entreposage pétrolier en bordure d'un milieu de vie.
Dans son rapport, le Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE) mentionne que « tout réservoir destiné à stocker des produits dangereux doit être localisé de façon à ce qu'aucune résidence ne se trouve à l'intérieur du rayon d'impact du pire scénario alternatif d'accident technologique ».
Un décret gouvernemental, émis en septembre 2007, a toutefois autorisé la compagnie à construire 12 des 14 réservoirs rattachés à son projet. Les deux autres réservoirs n'ont pas encore été approuvés par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDEP), dans l'attente des conclusions d'une commission d'enquête mise sur pied à la suite d'un accident industriel survenu sur le site de Buncefield, en Angleterre.
L'AGIIRR rappelle qu'elle ne s'oppose pas au développement industriel, mais qu'elle prône plutôt un aménagement du territoire responsable en fonction des risques d'accidents industriels majeurs. Ses revendications demeurent que le gouvernement du Québec adopte un cadre réglementaire concernant l'aménagement de zones de transition, que des structures de concertation soient créées pour permettre la gestion et la transformation des interfaces industrielles/résidentielles et que le gouvernement instaure un moratoire sur toute construction qui ferait en sorte qu'une résidence se trouve dans le rayon d'impact du pire scénario alternatif d'une installation générant des risques d'accident industriel majeur.
Du côté de Canterm, la compagnie explique qu'un talus paysagé sera aménagé sur les faces sud et ouest de l'emplacement visé et que tous les travaux se feront en conformité avec les conditions énoncées sur le certificat d'autorisation délivré par le MDEP. Elle s'engage à réduire au minimum les inconvénients, malgré une circulation accrue de camions autour du site.