Au pain doré continue d'importuner ses voisins
Alors qu'on leur avait promis un été plus paisible, les voisins de la boulangerie Au pain doré ont vécu une autre saison estivale infernale, importunés par les activités de l'entreprise.
Dans notre édition du 2 juillet, la responsable des communications de la boulangerie, Julie Étienne, affirmait vouloir entretenir de bonnes relations avec les citoyens. Elle s'engageait à ce que les opérations de chargement des camions se fassent dans les règles, de façon à limiter le bruit qui incommode les résidents du secteur.
Mme Étienne assurait même qu'il n'y aurait pas de chargement après 18 h, question de permettre aux citoyens de souper en famille à l'extérieur et de profiter du beau temps. De belles paroles qui, dans les faits, ne se sont pas concrétisées.
Les 7, 8, 25 et 29 août, de même que les 1er, 2 et 9 septembre, diverses infractions ont été notées par le Comité des résidents de la rue Moreau dont les membres se battent pour retrouver un peu de quiétude dans leur secteur. Des camions en attente de chargement du côté des résidences, des remorques réfrigérées entreposées au quai sans cabine, des chauffeurs qui quittent leur véhicule (pour possiblement aller dîner) avec le moteur de réfrigération en marche et qui ne reviennent qu'une heure plus tard, les citoyens en ont vu de toutes les couleurs.
On rit littéralement de nous. L'entreprise se fout de la réglementation municipale et continue d'agir comme bon lui semble. On endure ça depuis plus de dix ans. Il faut que cela cesse, d'exiger le comité de citoyens.
La semaine dernière, les directeurs d'Au pain doré ont annulé une rencontre qui devait se tenir avec l'arrondissement pour tenter de trouver une solution au problème. Le conseiller municipal du district de Hochelaga, Laurent Blanchard, est surpris de l'attitude de la compagnie. Il ne se passe pas un mois sans que le conseiller ne soit interpellé ou ne reçoive des appels de plaignants relativement à ce dossier. Il trouve préoccupant que la boulangerie ne soit pas plus sensible aux doléances des citoyens.
Pourtant, la solution pour dénouer toute cette impasse existe. Il suffirait que la Ville vende le terrain dont elle est propriétaire, situé au nord de l'entreprise. Cette dernière pourrait alors s'en servir, avec les infrastructures adéquates, comme espace d'entreposage et de chargement. Elle pourrait alors vaquer à ses occupations en respectant la réglementation municipale et en n'importunant pas ses voisins.
Cette responsabilité relève toutefois du service des immeubles à la Ville-centre et le processus semble long et compliqué.
Mais pour les résidents de la rue Moreau, la fin de la récréation a sonné. Il est plus que temps de passer à des actions coercitives concrètes, eux qui ont l'impression que rien ne bouge et que l'entreprise peut opérer en toute impunité. Ce dont se défend l'arrondissement, qui affirme chercher des solutions aux problèmes de cohabitation.
Les inspections se poursuivent chaque semaine et de nouvelles mesures de bruit ont été demandées, a fait savoir Claire Bourassa, chargée de communication à l'arrondissement.
Malheureusement, nous n'avons pu parler à Mme Étienne, car celle-ci est en vacances jusqu'au 29 septembre.