Une expo universelle à Montréal?
Le chef de Vision Montréal souhaite tenir l'exposition universelle 2020 dans notre ville. Par ce grand projet, l’aspirant maire de la ville, Benoît Labonté, veut dynamiser Montréal, lui offrir une visibilité mondiale et redonner une fierté aux citoyens. Il a entrepris des démarches auprès du Bureau international des expositions (BIE) pour déposer la candidature de Montréal.
M. Labonté devra considérer un fait important. Pour contrer le terrorisme qui menace les grands événements internationaux, des mesures spéciales de sécurité doivent être adoptées. Pour avoir une idée du financement que ça représente, la sécurité des Jeux olympiques d’hiver 2010 à Vancouver coûtera au moins 500 M$ pour seulement deux à trois semaines d’activités intensives. Peut-on imaginer ce qu’il en coûtera aux contribuables canadiens et montréalais pour une exposition universelle qui durera six mois? Rappelons que l’élimination de la dette des JO de Montréal (1976) a nécessité 30 ans.
Une ville présentant une exposition universelle jouit-elle d’une visibilité planétaire? Mythe ou réalité? Qui se souvient d’Expo 58, 70, 92, 2000 et de leurs villes hôtesses, Bruxelles, Osaka, Séville et Hanovre? À vrai dire, qui parmi nous a même déjà su l’existence de ces expositions? Étrangement, la télé canadienne ne nous a jamais présenté de reportage sur ces quatre expositions, ni aucun topo sur les pavillons du Canada. Il est pour le moins déplorable que nous n’ayons jamais vu les pavillons que nos impôts ont construits... Parlant de rayonnement, si les gros médias d’ici n’ont jamais manifesté d’intérêt pour les expositions universelles tenues hors du pays, peut-on vraiment croire que les médias étrangers soient si différents des nôtres, et qu’ils aient accordé en 1967 plus d’attention et de visibilité internationale à Montréal et son expo?
Une exposition universelle, si belle et grandiose soit-elle, ne met pas tant une ville sur la « mappe » que dans le trou. Vingt-neuf expositions universelles se sont tenues depuis 1851, dont seulement trois depuis 1968. Avec le temps, on apprend... Ça explique sans doute pourquoi le BIE favorise plutôt la tenue d’expositions spécialisées - 39 en 78 ans -, comme celle de 1986 à Vancouver, qui concernait les transports.
- Michel Bédard