Les élèves de l’école Louise-Trichet ont réalisé une exposition que l’on peut admirer, pour encore quelques jours, dans le « Passage culturel » du Musée des beaux-arts de Montréal. (Photo: Éric Carrière)
Les filles au Musée des beaux-arts
Le pop au féminin de l'école Louise-Trichet
Dès que le visiteur fait ses premiers pas dans le Musée des beaux-arts de Montréal, il remarque les œuvres accrochées au mur. Dans le « Passage culturel », espace public situé à l’entrée de l’immeuble, les pochettes de disques et les sérigraphies aux couleurs des années 1960 accrochent le regard. Ces confections artistiques ne sont pas la réalisation d’Andy Warhol, mais bien celles de jeunes étudiantes de l'école Louise-Trichet, située dans Mercier.
Le pop au féminin: l’école Louise-Trichet au Musée est le titre de cette exposition qui se déroule jusqu’au 12 février. Titre plus qu’adéquat quand l’on sait que le lieu d’enseignement est réservé exclusivement aux filles du niveau d’études secondaires. « L’interprétation que l’on y voit est celle d’adolescentes de 13 et 14 ans. Elles ont posé leur regard sur les années 1960, sur le développement de l’art de cette décennie, mais aussi sur les enjeux sociaux et politiques de cette époque », explique l’instigatrice du projet, Élyse Mathieu.
Mordue de l’œuvre d’Andy Warhol, cette conseillère pédagogique pour le domaine des arts à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a vu dans cette activité une belle possibilité de joindre l’utile à l’agréable, alors que le Musée des beaux-arts accueillait justement, jusqu’au 18 janvier, l'exposition-événement Warhol Live, mettant ainsi en lumière l’omniprésence et le rôle fondamental joué par la musique et la danse dans l’œuvre et la vie de l’artiste. « C’est en quelque sorte mon artiste fétiche, laisse-t-elle savoir. Quand j’ai su qu’une exposition le concernant s’en venait à Montréal, j’ai pris la chance de soumettre un projet académique au responsable du « Passage culturel » du Musée des beaux-arts. Après son acceptation, on a rapidement commencé à travailler sur une idée d’exposition qui aurait un rapport évident avec les œuvres d’Andy Warhol. »
C’est ainsi que les élèves ont revisité des pochettes de disques de groupes et d’artistes des années 1960 et ont fait des sérigraphies comportant tout ce qu’il y a, disons, de plus « warholien »! « On a favorisé les couleurs vives, le style psychédélique. J’ai aussi demandé aux étudiantes d’écrire une phrase qui résume bien, pour elles, cette époque de changements. »
Politique
Cette activité s’inscrivait dans la nouvelle politique culturelle de la CSDM, une politique qui suggère l’extirpation des œuvres hors des murs des classes et des lieux d’enseignement.
« C’est le genre de travail que l’on pourrait et voudrait refaire à chaque année. Mais il faut le faire tout en étant conscient des limites budgétaires et de la charge actuel des professeurs », dit Mme Mathieu.