Les ateliers « Mot à mot » ont maintenant un livre. Les gens peuvent le consulter à la bibliothèque Jean-Corbeil d'Anjou. (Photo: Patrick Deschamps)
L'art de l'écriture
24,4 % des Angevins ont une faible scolarité
Un nouveau livre vient de prendre place sur les tablettes de la bibliothèque Jean-Corbeil, à Anjou. Ce dernier a la particularité d'être écrit par des gens qui étaient, jusqu'à tout récemment, analphabètes.
Fruit de deux années de création des participants des ateliers « Mot à mot » du Service d'aide communautaire d'Anjou (SAC), le livre réunit trois histoires issues de leur imaginaire. « Yvan Filion, l'ancien chef de division bibliothèque, est venu nous voir l'an dernier pour nous parler de cette idée de regrouper et de relier les histoires écrites par les participants à nos ateliers et ainsi d'en faire un livre, un vrai. Nous avons donc travaillé de concert avec la bibliothèque d'Anjou, avec sa bibliothécaire, Marie-Chantal Bergeron, et nous voici aujourd'hui en mesure d'offrir ce livre unique », explique Jacqueline Léonard, directrice de programmes au SAC.
Les Angevins peuvent donc réserver l'un des deux exemplaires disponibles. Au titre de « Les Ateliers Mot à mot - Recueil d'histoires collectives des participantes et participants», l'œuvre comprend les histoires imaginées par des personnes peu alphabétisées. « C'est facile à lire, c'est accessible à tous. C'est un peu le regard de ces gens sur leurs difficultés quotidiennes dues à leur analphabétisme », dit Mme Léonard.
Problème quotidien
À Anjou, le faible taux de scolarité est légèrement plus élevé que la moyenne montréalaise. Les données de Statistique Canada démontrent que chez les 15 ans et plus, il est de 24,4 % contre 21,5 % sur l'ensemble de l'île. Chez les 25 ans et plus, il est de 14,2 % à Anjou contre 13,8 % à Montréal.
À ce groupe s'ajoute l'arrivée d'immigrants qui ne parlent pas français. Voilà à qui s'adressent les ateliers « Mot à mot ». Les participants y apprennent donc la base de notre langue, pour ainsi être en mesure de se débrouiller dans leur quotidien.
« Les gens n'ont pas idée des difficultés rencontrées par les analphabètes, laisse entendre la directrice de programmes. Cela va de la simple lecture des plans du transport en commun, aux formulaires gouvernementaux, en passant par les visites chez le médecin, faire son épicerie, aider ses enfants avec les devoirs et leçons. On apprend aux participants les rudiments pour qu'ils puissent ainsi passer à travers les petites épreuves. »
Il y a une grande demande pour les services de l'organisme. On compte une quarantaine de participants, semaine après semaine, dans les ateliers « Mot à mot ». Des gens de tous âges, de toutes les nationalités qui ne demandent qu'une chose: apprendre à lire et à écrire.
- Pour information: 514 354-6526.