Le génome et le séquençage de l'ADN humain n'auront bientôt plus de secret pour les chercheurs du Centre de pharmacogénomique Beaulieu-Saucier de l'Université de Montréal, affilié à l'Institut de cardiologie de Montréal. (Photo: Éric Carrière)
La générosité au service de la pharmacogénomique
Un partenariat entre l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM) et l'Université de Montréal permet la création d'un centre de pharmacogénomique au coin des rues Viau et Bélanger. Mais ce pôle majeur de recherche n'aurait jamais vu le jour sans un don personnel de 5 M$ de Michel Saucier et de son épouse, Gisèle Beaulieu.
« J'ai fait ma vie dans le monde de la pharmacologie et je voulais trouver un moyen de redonner à cette industrie, parce que je crois fermement que c'est dans ce secteur que les découvertes les plus importantes auront lieu au cours des 50 prochaines années », laisse entendre M. Saucier, soulignant que les actes philanthropiques chez les francophones sont plutôt rares. « C'est vrai que ce n'est pas une tradition chez les canadiens-français. Mais il faut changer cela. Si on a les moyens d'investir dans nos institutions, dans nos centres, dans notre société et son développement, alors, pourquoi pas ? », questionne le donateur.
Le Centre de pharmacogénomique Beaulieu-Saucier de l'Université de Montréal a officiellement ouvert ses portes ce lundi. Il réunit des chercheurs et des étudiants autour de grands axes de recherche tels que la pharmacogénomique et la génétique, la pharmacoprotéomique, la métabolomique, la statistique génétique, la pharmacoépidémiologie, la pharmacologie clinique, de même que la pharmacocinétique et la pharmacodynamique.
« Ce sont de grands termes, mais ils sont tous synonymes d'un mot plus petit et que tout le monde connaît bien : le mot "vie". On travaille en amont et en aval des maladies et en ayant le patient au centre de nos préoccupations », souligne le directeur général de l'ICM, Robert Busilacchi.
La création de ce centre sera un incitatif puissant de recrutement des meilleurs talents à l'échelle mondiale. « On y fait du génotypage et du séquençage dans un même lieu physique et ça, très peu d'endroits dans le monde peuvent le faire », indique le directeur du centre de recherche de l'ICM, Jean-Claude Tardif.
Outre le don de Mme Beaulieu et de son époux, la Fondation de l'Institut de cardiologie de Montréal (1,6 M$) et le gouvernement du Québec (5 322 000 $) ont également contribué au financement du projet de construction du Centre. À ce jour, les investissements initiaux, combinés à la renommée mondiale des chercheurs recrutés, ont servi de levier à l'Institut de Cardiologie de Montréal pour l'obtention de plus de 80 M$ provenant de diverses sources dont des concours scientifiques et qui serviront à la recherche au nouveau centre de pharmacogénomique.